27.1.15

l'heure grise





les années passent, et chaque Janvier se ressemblent
ils trainent la savate, reniflent rageusement,
enveloppés de gris
ils n'en finissent donc jamais de râler?

se noyer sous les couvertures moelleuses
se remplir de litres de thé épicé
avaler les mots, les empiler, soigneusement,
étaler des crèmes onctueuses, grasses et parfumées,
arracher les petites peaux de mes doigts cabossés, jusqu'au sang, s'arrêter juste quand la douleur est insupportable
accumuler les pensées, comme les nuages au-dessus de ma tête
chercher les rayons de lumière les plus infimes, miel suave et réconfortant
préparer des potions, multicolores, poivrées, aillées, gingembre et curcuma abracadabra
masser les tempes si douloureuses
écouter des enfants, des grands, des talents, des poètes et des chiants
peindre mon visage, et du carton plume, en allégeant le poids de ma peine
écouter mille refrains, et le bruit de leurs coeurs contre le mien
arracher ma peine sauvagement , ouvrir mes tripes et les laisser pour argent comptant
faire retentir mon rire dans ce mois de Janvier
juste pour être sûre de ne pas m'éteindre tout à fait.




2 commentaires:

Et-fée-mère a dit…

Oh oh on dirait moi en janvier...sauf que mon chat a disparu en décembre:(

Emilie a dit…

l'hiver c'est le temps du repli sur soi aussi...
mais il ne faut pas que ça s'installe, la mélancolie ne doit pas devenir plus attirante que le fait de vivre pleinement...