23.4.12

la peur viscérale

oui je sais, le coupe-ongle dans la bouche c'est moyen... mais essayez de lui retirer et vous verrez à qui vous vous frottez!


rien n'est plus difficile pour moi que laisser mes bébés...
les laisser à des étrangers, aussi professionnels soient-ils me terrifie, et encore je me soigne, car pour Arthur se fût mille fois pire.
ce matin, Auguste a fait sa première petite heure à la halte-garderie, je me suis assise dans un coin de cette salle remplie de petites personnes un peu perdues, certains pleurant très fort, d'autres essayant d'apprivoiser les autres, le lieu, les jeux...
et je l'ai regardé, mon petit, mon bébé-râleur, ma canaille à ses heures... il était assis là, au milieu des autres, tantôt observant, scrutant même, comme il sait si bien le faire, tantôt essayant de toucher un gentil petit près de lui, tantôt me cherchant du regard pour se rassurer... il n'était pas si perdu, moi bien plus que lui. Comme à chaque fois que je dois emmener un de mes enfants dans ces lieux, crèches, écoles, clubs sportifs...
peut-être que ça me renvoie à tout ce que je détestai petite fille, l'inconnu, être séparée de mes parents, supporter la cruauté de certains enfants. Je crois que c'est ça, je transfert tout ça sur mes bébés, au lieu de les laisser vivre leur vie. Arthur en a beaucoup souffert, agrippé à moi, hurlant des que j'essayai de partir.

Je veux que pour Auguste ce soit différent, je contre ma mauvaise nature, je lui fais confiance, à lui, aux autres... Je le laisse grandir. C'est ça être une maman, laisser autant de place que possible à la personnalité de ces petits êtres qui doivent tracer leur chemin. Ne pas leur refiler nos casseroles, stopper le cercle sans fin, leur montrer comme la vie est belle, et les gens aussi le plus souvent.

5 commentaires:

Za a dit…

En lisant ton texte, je me souviens de ce que tu écrivais à l'époque, pour Arthur... Chaque étape de la métamorphose est douloureuse mais tu avances, non ? Ta peur est de moins en moins viscérale...
(Rien à voir, mais le petitou et son bidou sont trop choux!)

Elsa a dit…

Peut-être quand tu auras "toi-même" passé cette période d'adaptation, tu ne t'en sentiras que mieux!i Je reste convaincue qu'elle est plus faite pour les parents que pour les enfants!... En même temps, c'est bon non d'observer et de se dire que décidément c'est vraiment lui le plus "tout" de tous... en toute objectivité bien sûr! hihi

Christelle a dit…

Tu grandis en même temps que tes bébés...oui, c'est difficile d'être maman...je fais confiance à Martin, petit bout, mais parfois je me dis qu'il n'a que 15 tous petits mois...et le laisser m'est difficile. Je lutte. Pour lui.
La halte-garderie, j'y songe...je vais pour le moment dans un centre d'accueil parent-enfant, ça me va. Mais pour Martin, les autres lui manquent cruellement : il est hyper sociable et veut jouer, se faire déjà des copains, des "mimi" comme il dit ^^

grosses bises <3

claude a dit…

oh la, comme ces mots me parlent!! mes filles ont 10 ans, et je les talonne toujours de près, la trouille au ventre!! mais l'adolescence qui approche va me faire grandir, moi aussi!!
merci pour ton petit mot (chaussettes American Apparel)

Poupou PiDou a dit…

Je suis touchée par tes mots... L'enfant qui est en nous parle, tu as raison, et ce sont ses peurs à travers les autres enfants que nous ressentons... Ces peurs oubliées mais restées là, enfouies... C'est peut-etre tout simplement la petite fille que tu étais que la maman que tu es dois rassurer...Plus que l'AugustO charmeur et cOquin... En tout cas jolie photo et moi j'aurais bien mangé son bidou!!!